Sur le feu

Animations, manifestations, exposition autour de la cuisine.

Les oeufs mimosas !

Je marche sur les oeufs mimosa, l’onglet de boeuf sauce au vin avec un supplément de 2 euros. Je cours sur la tarte fine aux pommes chantilly, le gigot d’agneau grillé à la braise, l’échalote grise, la salade de betteraves de toutes les couleurs et la mousse au chocolat. Le Chef Cuistot m’a expliqué que pour faire sa mousse au chocolat il commence par faire une meringue.

Moi je ne mets jamais de sucre dans ma mousse au chocolat.

Non moi je mets du beurre !

Mes pas foulent la terre. Ça sent la forêt mouillée. On est dans le bois. Étendue de verdure entre la voie rapide et le centre ville.

Ma chaussure s’enfonce dans la boue, je foule la terre et j’écrase les excès, les abus.

Tous.

Tout ce qu’il a fallu que j’engloutisse pour oublier les fâcheries, les contrariétés, les polémiques, les tristesses, les lassitudes, les discussions sans fin, les tergiversations, les colères enfouies, les injustices flagrantes.

Toutes, d’un seul bloc.

Envolées, effacées, détruites, désintégrées, dézinguées, pulvérisées !

Plus rien ne me touche, je suis libérée de tout. Plus aucun sentiment d’aigreur, de regrets, d’inquiétude, de peine, de susceptibilité.

Je suis entièrement disponible à ce plaisir gourmand, entièrement dévouée et soumise à ce moment de pure délectation, à ce délice sucré ou salé, à la bouchée parfaite qui me procure un plaisir infini et qui me soigne de tout. M’anesthésie.

Je suis guérie. Tout disparaît s’évapore se dilue, se dissout.

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J’adore le coulis !

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Surtout avec de la glace ou même du fromage blanc.
Une coupelle à glace. Une boule de vanille avec les grains noirs (ceux qui nous font croire que la vanille c’est de la bonne…) une boule de sorbet cassis. Des myrtilles fraîches et des framboises de mon primeur favori. Et alors tout s’emballe, se mélange, se fond, se colle, se nappe. Il n’y a pas à dire le coulis enrobe tout de sa bienveillance. Il veille sur nous. Il ne nous fera pas de mal au contraire. Il nous emmitoufle. Nous enveloppe, nous préserve, nous sauve de la morosité. S’il n’était pas là on s’ennuirait il n’y a pas de doute. Une glace un seul parfum ou même deux, sans agrément, aucun intérêt. Alors que là chaque bouchée est une surprise. Le coulis est là. Même la chantilly n’est pas à la hauteur. Toute seule elle n’assure pas autant que lui.
Qui se souvient de Koukoulina la glace à trucs ? Son pouvoir à elle, c’est qu’une fois retournée et un peu fondue (faut le dire!) Son coulis comme un caramel s’étalait de son délice sur toute la glace. Non mais alors quel truc incroyable. Ça n’existe plus hélas !

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Le coulis lie le tout et atteint la bouchée parfaite. Il est gentil il m’aime. En fait il n’y a rien d’aussi précieux délicat qu un coulis. Il se la pète pas il est la touche finale celle qui permet d’atteindre la perfection. Aux fruits rouges, à la mangue, à la framboise ou aux fruits de la passion, et même à l’abricot peu importe sa saveur ou même sa couleur. Il est la touche indispensable du dessert Il le rendra unique et comparable à aucun autre. Aucun scrupule il se glisse partout. Il ne faut pas trop le mélanger, il faut le laisser faire, le laisser aller, lui laisser son identité, son intention Ainsi la surprise n’en sera que plus grande. Il faut lui laisser sa couleur et le laisser exister tel qu’il est. Il s’immisce alors dans la glace, s’il est blanche et qu’il est rouge. C’est un fameux spectacle ! Il est indépendant. Indispensable. Sans lui la vie serait moins envoûtante. Coulis je t’aime !

 

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Il n’y a pas de Pavlova ?

Comment ça ?
Mais enfin j’ai réservé ici rien que pour ça. On m’a garanti qu’il y en aura ! Mais voilà il n’y en a pas.
Alors oui le brunch est bien servi. Salade d’avocats et pépites rouges de grenade, call slow, takishi de saumon et de thon. Jambon de toutes les couleurs. Nems poulet curry ou bœuf basilic, crevettes sautées à volonté, émincés de bœuf tout bonnement bon.
On est chez Bon !
Saucisses, œufs brouillés et même viennoiseries divines me dit-on.
Riz un peu cantonnais et nouilles sautées Ne s’asiatiserions nous pas par ici ?
Bah si !
Et puis voilà les desserts. Compote fraises rhubarbe, tapioca aux fruits de la passion, tarte au citron meringuée, fruits rouges au fromage blanc, pana cota roses litchi. Mon Dieu quel régal. N’empêche il n’y a pas de Pavlova.  Mais je suis venue exprès pour ça. Voilà une fois de plus je viens pour un truc qu’il n’y a pas. Mais pourquoi ce n’est pas plus simple. Cette faim non assouvie va me conduire à en trouver quelque part en goûter souvent pour enfin rassasier ma curiosité gourmande ou ma gourmandise curieuse…
Non mais ils ne se rendent pas compte !! Les effets secondaires d’une envie culinaire non comblée. Alors le serveur aux petits soins a bien essayé de sauver les faces, la sienne et celle du restaurant. Hi hi hi le pov ! Pathétique. Il est arrivé avec une verrine de fruits rouges enchantillyonnés et pour prétexter la Pavlova : un bâton de meringue ! N’importe quoi !
Du coup j’ai fait des recherches. La Pavlova n’est pas russe. Non non non. Ou plutôt son nom est bien russe mais sa création est beaucoup plus exotique. C’est le dessert national en Nouvelle Zélande et en Australie. On ne sait pas trop qui a commencé Ils se disputent encore la paternité. Meringue, crème fouettée et fruits. Ces derniers s’opposent dans les goûts et les couleurs : banane et maracudja, fruits rouges et pêche, ou encore fraises kiwi.
Je ne vais quand même pas aller jusque là bas pour en trouver.
Mais non, mais non un peu de sérieux et de responsabilité.
J’ai été rue Clerc La Maison de la Chantilly. Rien que ça. Déjà son nom me fait saliver.
Oui mais, c’est très bon, très frais, très léger. C’est très emmerdant. Je savais que ce serait bon. Je le savais. C’est très simple comme dessert. La prochaine fois j’irai à la Meringaie.  Quand on est gourmandeusement curieuse ou curieusement gourmande, il faut peser le pour le contre. Affronter les choix, comparer les différentes propositions et étudier scrupuleusement les possibilités. Voilà ! Je vous l’avais dit. Si seulement il y en avait eues je n’en serais pas là !

Bon bah voilà, j’en reviens. Je vous présente Pélagie « Meringue, crème fouettée à l’infusion de citron vert, framboises et fruits de la passions », fabriquée à la Meringaie. Regardez là bien, parce qu’elle a déjà été engloutie !

Pélagie (La Meringaie)

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