Hors du feu

Cette catégorie ne parle pas de cuisine, mais de tout le reste !

La vengeance est un plat qui se mange froid !

 

Bonjour Cher,

C’est ton anniversaire aujourd’hui. 

Tu vois j’y pense.

Et je suis bien contente de te dire que je ne te le souhaite pas, ni bon, ni joyeux, ni merveilleux, ni mauvais d’ailleurs. En fait ça me fait plaisir de penser que je ne te dis pas que je ne te le souhaite pas. Du tout. C’est lâche un peu. Mais jubilatoire. C’est d’autant plus jouissif que tu ne le sauras jamais !

Non je ne veux pas te le souhaiter du tout. Je trouve que tu n’es pas gentil avec moi ni foncièrement méchant en fait. Plutôt tu fais part d’une exaspération constante quand je m’exprime. Je te sens fébrile. Comme un taureau excité par le drapeau rouge « tu fumes des narines ». Tu me juges je crois ou tu juges ce que je dis. Je ne comprends d’ailleurs pas ce qui t’exaspère à ce point.
Mon étonnement perpétuel ? Ma candeur ? Mon franc-parler ?
Mais qui es-tu pour me critiquer et juger ce que je dois ou non savoir ? Comment je dois me comporter ? Ce que je dois dire ou ne pas dire ? Quel est ton pouvoir, ta puissance, ta supériorité ? Qui es-tu pour t’autoriser à ne serait-ce dire ou penser quoique ce soit à mon propos ? Ne connais-tu pas la tolérance, la générosité ? L’indulgence ? Oui, je fais complètement erreur, là j’en conviens, je dis n’importe quoi. Tu n’es absolument pas pourvu de ces qualités.

Que sais-tu de moi ?

Je crois que finalement je te déteste. Heu non, en fait, même pas. Tu ne mérites pas mon intérêt, ni ma haine, ni ma tendresse. Tu ne mérites pas mon amitié, ma compassion, ni même que je m’intéresse à toi. Donc je ne t’écris pas pour te dire que notre relation s’arrête ici. Elle ne s’arrête pas car elle n’a jamais commencé, tu es digne de rien. Tu n’auras rien de moi, le néant seulement et encore je pense que c’est trop. 

 

Je te purge de mon cerveau.

Je m’en fous de toi.

Tu n’existes pas. D’ailleurs à qui j’écris ?

 

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ça sent le grillé !

Mais si.
Pas exactement l’odeur du barbecue, ni celle de la sardine non plus. Juste le grillé. C’est l’odeur que prend la viande. La marque noire que le grill lui laisse pendant la cuisson. Pas de gras pas de beurre. Une odeur sèche. Tout de suite après, le souvenir du beurre persillé remonte à la surface. Celui que le cuisto du Fort Royal posait sur la viande dans ce fameux restaurant. Une rondelle de beurre mélangé au persil ajouté sur la viande pour la décorer. Mais elle ne fait pas que ça la rondelle, elle fond se répand comme un coulis. Elle ajoute le gras qui permet à la viande d’atteindre l’extase… du goût. La pointe de subtilité qui fera de la bouchée un délice. Celle parfaite dont je me souviens encore des décennies plus tard.
Nous y allions tous les dimanches dans cette hôtel restaurant de Nouméa en Nouvelle Calédonie. Disposé à la fois près de la piscine et au bord de la plage. Un lieu paradisiaque (je l’ai su après). J’étais très jeune, une petite enfant. Je jouais avec une copine, fille de collègues de mes parents. Expatriés comme nous à quelque 17000 mille kilomètres de la France, conditions obligatoires de promotion de la fonction publique. Tellement chanceux de pouvoir profiter de ces contrées tropicales où les conditions financières des fonctionnaires nous permettaient un certain luxe impossible en métropole.
L’hôtel était notre terrain de jeu. Nous cherchions quelque mystère imaginaire et bien sur non élucidé ou un trésor que personne n’aurait encore trouvé. Et que nous avec toute notre finesse, notre intelligence et notre perspicacité allions découvrir, bien entendu.
Pour le déjeuner du dimanche, je prenais toujours comme mon père le steak au beurre persillé, avec des frites je crois. Et en dessert le mille-feuilles au dessus glacé pas saupoudré de sucre glace non non recouvert de fondant. C’était un régal ! Comme quoi une odeur me porte loin dans les souvenirs.
Chaque fois que je la sens, je me projette dans ces journées de mon enfance si pleine d’aventure, d’exotisme et d’insouciance.
Et dont l’odeur de grillé résume à lui seul le souvenir !

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Mon premier reportage

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Les roulettes de ma valise glissent sur le sol marbré de l’aéroport avec un bruit de femme pressée. Si j’avais des talons, un tailleur, les cheveux relevés, je pourrais passer pour une femme d’affaires. Mais non ! je pars en reportage. Le premier de ma toute récente promotion de journaliste, le tout premier tournage de ma carrière. 100% made in moi.
Giwaille est mon compagnon du jour, c’est le cameraman. On va à Bopéra.
Jamais mis les pieds. Enfin les roues oui ! Celles de ma voiture sur la route des vacances, il y a quelques années.
Mais là plus rien ne roule justement ! Les roues de la sacoche (celle qui contient le pied de la caméra) ont disparu pendant le voyage en avion. Houlala ! Pourvu que ce ne soit pas un mauvais présage.
Il fait très beau. On va déjeuner en terrasse ensoleillée. Le premier de l’année. Beaucoup de premières fois décidément. Puis direction le grand théâtre. C’est le commencement du tournage. La visite de ce palais-château vestige intacte du 18ème siècle de 88 m de long sur 25 de large. L’envers du décor, les coulisses c’est l’angle de ce sujet. Nous accompagnons un groupe de touristes et son guide. Giwaille se donne du mal. 8 étages. Un escalier qui inspira Garnier.
Les passages sont étroits. La caméra lourde. Le pied encombrant. Des escaliers tortueux, des tout petits, des ronds, des marches concaves, des montées, des descentes. Giwaille est extra à chaque fois que je lui propose une idée, il est partant, il acquiesce avec un « carrément ». Et il y en aura de nombreux. On finit par nous indiquer l’ascenseur.

Quelque réactions des visiteurs glanées par ci par là. Ils n’ont rien à dire. Hen la la, je m’inquiète, au montage ça ne sera pas suffisant, je le crains. Puis voici venu le temps des interviews. Celle du directeur, puff il n’est pas très dynamique. Mon Dieu, j’ai la poisse ou quoi ?
Puis le directeur de la communication, pas certaine que ce soit mieux. Quand ça veut pas, ça veut pas.
Voilà c’est terminé tout est en boîte.
Les dés jetés, les carrément, les doutes, les prises, les angles, les itv, les réactions. Tous les deux, on a tout donné. Giwaille est épuisé, vidé et troublé. Moi aussi. Emprunts de questionnement sur la finalité et le montage. Nous demandant comment tout ça va finir par faire un sujet… ou pas.
Dîner au bar du boucher. Un bon morceau de barbaque accompagné de la boisson locale (un rouge grand cru) nous requinque et efface tout. Nous libère. Pour ce soir. Le temps passe à une vitesse ! La nuit à peine finie et c’est le petit déjeuner. Giwaille n’est pas là. Il est en retard. Le doute m’assaille. Il ne viendra pas. Il m’a quittée me laissant là avec ma nullité, mes incertitudes, mon incompétence, mon amateurisme, mes idées de sujets à la con, complètement nazes, mon thé tiède dans cette salle sans fenêtre au plafond moulé.
Ha mais non, le voilà, il arrive. Il a bonne mine. Il sourit.
Tout passe vite, l’avion attrapé de justesse et les embouteillages parisiens, pas le temps de dire ouf incontestablement. Arrivés dans le hall à la télé, on se sépare. A peine avons nous fait connaissance que déjà tout nous éloigne.

Mon anxiété est à son comble et s’étale, s’immisce partout. Mon corps, mon espace, ma vie, mon quotidien, mon souffle. Le doute est partout. Une pieuvre tentaculaire. Dans l’attente du montage.

Et voilà le jour tant attendu, tant craint, tant redouté. Comme un examen j’attends les résultats. Au tour du rédacteur Miquelli d’éplucher les rushs de ce tournage pour essayer d’en faire quelque chose, de les faire parler. Aussitôt Miquelli met les yeux sur ce qui n’a pas été et pourquoi, immédiatement, c’est un supplice, je sais, je sens, mon intuition était fondée, on n’en fera rien. Car rien ne va, malgré toute notre bonne volonté, notre énergie, ni Giwaille, ni moi n’avons su faire.

Je l’avais bien pressenti, et bien dit. Rien n’a roulé comme il aurait fallu !

 

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