Jean-François Piège, à grande vitesse.


Jean-François Piège est en colère quand on oppose son restaurant du 1er étage à sa brasserie du rez-de-chaussée. « Il faut arrêter. C’est un problème purement français de toujours vouloir mettre une étiquette sur tout.  Ce sont deux propositions différentes. Pourquoi les opposer ? ».
« Chez Jean-François Piège » (le restaurant du haut), on entre par une porte sur le côté, le nom est sur la sonnette. Un escalier conduit jusqu’à l’entrée et le coin d’Élodie (mini bar du nom de son épouse. Puis la salle manger restaurant, 20 couverts, et sa cuisine, ouverte, canapés, coussins et décoration d’India Madhavi. Ici en guise de menu, les « règles du je(u) » disent à quel point c’est lui qui décide !
Deux restaurants : « On ne mange pas tous les jours la même chose, il y a donc deux propositions différentes. Quand vous allez chez Chanel, est-ce que vous demandez à Karl Lagerfeld si c’est plus facile de faire une robe avec des paillettes ou sans paillettes. Nous les cuisiniers, nous sommes toujours confrontés à ce genre de question. Est-ce qu’on a besoin de tout savoir ? Quand vous achetez une Rolls, est–ce que vous demandez d’où vient le moteur ? ».

Le Thoumieux est au rez-de-chaussée, la brasserie récemment rénovée offre un menu classique.
Aux deux étages, tous les produits sont de saison, « c’est une évidence ». La cuisine, c’est une philosophie. « Ça ne sert à rien d’éplucher 500 kg de carottes », il faut réfléchir et penser la cuisine. « Le savoir est extrêmement important, il faut travailler beaucoup et travailler intellectuellement. » Les truffes noires sont en conserve, les coings du mois de septembre sont en pâte : les produits sont travaillés en saison pour être utilisés à tout moment. « L‘art de la cuisine c’est savoir conserver les aliments ». Les trois quarts de ses légumes proviennent de chez Joël Thiébault, il privilégie la cuisine de proximité par « proximité de la cuisine et proximité des produits ». Cependant, « en ce moment, j’ai un bœuf exceptionnel au Chili, c’est là que je vais le chercher, on ne se l’interdit pas, si la qualité est là ». C’est grâce aux voyages qu’on a découvert les épices, c’est comme ça que le monde s’est fait. « A Los Angeles, il y a un marché bio que je ne trouve même pas à Paris. »

Jean-François Piège a choisi la cuisine pour s’exprimer. Des cuisines de l’Elysée sous l’ère François Mitterrand au Crillon en passant par Ducasse, il travaille tout le temps. Et, à ses yeux, la réussite ne peut se faire que par le travail : « 95% de travail et 5% de talent », précise-t-il. Il y a encore deux ans, il dirigeait les cuisines du Crillon, une brigade de 120 salariés. Deux restaurants, un hôtel (ouverture courant 2011) et une pâtisserie (récemment achetée pour pouvoir « offrir à nos clients le petit déjeuner avec des croissants maison ») plus tard, le voilà bien occupé. Mais chut, il travaille !

1 Comment

Filed under Portrait de chef

Tartelettes aux airelles de Nigella Lawson

Nigella Lawson a concocté ces friandises pour les fêtes de fin d’année. Je l’ai vue faire sur Cuisine Tv. C’est un vrai plaisir à réaliser. La cuisine est parfumée de toutes les senteurs de cette préparation. J’ai remplacé le cognac par l’armagnac et trouvé les clous de Girofle en poudre au Inno du Passage à Boulogne Billancourt, le saindoux chez le charcutier. Ça m’a beaucoup amusée d’éclater les airelles pour en sortir le jus. Un petit truc : pour saupoudrer de sucre glace, il faut mettre le sucre dans un chinois et tapoter légèrement, le sucre tombe ainsi de façon harmonieuse sur la tartelette. Enfin, j’ai utilisé des moules mous (en silicone) pour les muffins pour faire la forme des tartelettes. Dans chaque emplacement, j’ai déposé un petit papier d’emballage de pâtisserie (avec des pliures sur les côtés), puis placé la pâte, le mincemeat et enfin l’étoile, le petit espace s’est avéré parfait pour contenir et maintenir l’ensemble pour un résultat vraiment réussi.

Pâte à mincepies
Ingrédients pour 36 pies
Temps : 1 h de préparation + 15 Minutes
240 g de farine
60 g de saindoux (au rayon rillettes et pâtés ou sinon chez le charcutier)
60 g de beurre froid coupé en petits cubes
1 jus d’une orange, un peu de sel
– Mélangez la farine, le saindoux et le beurre froid découpés en morceaux.
– Au jus d’orange ajoutez le sel.
– Faire reposer les deux préparations au frigo.
– Mixez le mélange farine+saindoux+beurre pour obtenir un aspect crumble, versez doucement le jus d’orange salé. Arrêtez le robot une fois que la pâte est homogène. Placez-la sur une surface farinée, pétrissez et partagez-la en 3 boules égales. Enveloppez de film plastique et réfrigérez.
Mincemeat aux airelles (cranberries)
Temps : 45 minutes
75 g de sucre brun
6 cl de porto
300 g d’airelles (cranberries)
1 c à café de cannelle en poudre
1 c à café de gingembre en poudre
½ de clou de girofle en poudre
75 g de golden raisin ou de Corinthe
75 g de raisin Sultanine
30 g d’airelles séchées (cranberries)
Le jus et les zestes d’une clémentine
2 cl de cognac
½ c à café d’extrait de vanille
2 c à soupe de miel et Sucre glace
Dans une casserole, faites dissoudre le sucre brun dans le porto sur feu doux.
Ajoutez les airelles fraîches, la cannelle, le gingembre, le clou de girofle en poudre, les raisins secs, airelles séchées, les zestes de la clémentine et son jus.
– Faites mijoter pendant 20 minutes. Écrasez les fruits avec une cuiller en bois. Ils doivent être réduits en compote. Versez le cognac, la vanille et le miel.  Remuez le mincemeat.
Préchauffez le four à 220° C (thermostat 7)
– Sortez les 3 boules de pâte du réfrigérateur.
– Étalez la première boule sur une surface farinée.
Découpez 12 cercles et placez-les sur la plaque en appuyant fortement.
Déposez 1 c à café de mincemeat sur chaque cercle. Recouvrez de petites étoiles la tartelette.
– Faites cuire environ 10 à 15 minutes au four. Les tartelettes doivent être légèrement dorées.
Déposez les mincepies sur une assiette, saupoudrez de sucre glace.

2 Comments

Filed under Recettes

Le repas gastronomique français à l’Unesco

Chers tous, amis gastronomes, cuistots, gourmets, gourmands, cuisinières, pâtissiers, bouchers, producteurs, éleveurs, boulangers, chefs étoilés ou pas, tous ceux qui se délectent de déguster nos produits, nos recettes et nos repas traditionnels. Soyez fiers ! Le repas gastronomique français a été ce mardi 16 novembre 2010 inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

La définition du repas gastronomique Français de l’Unesco ne retient pas ce seul critère, mais plusieurs éléments, qui associés les uns aux autres, détermine ce Fameux repas. Nous Français, nous avons besoin de nous régaler lors de nos repas. Les aliments doivent à la fois répondre à la nécessité physiologique de nous nourrir, mais ils doivent aussi nous apporter un ravissement gustatif. Qui n’a pas eu envie d’un pot-au-feu ? Un Saint-Honoré ?

La variété et la diversité de nos plats traditionnels nous ont éduqués de telle sorte que nous sommes démoralisés si l’on ne trouve pas de mets pour nous procurer ce plaisir. A cette recherche de délectation s’est ajoutée notre préoccupation actuelle à rester en bonne santé pour pouvoir bien vieillir (notre espérance de vie a doublé en 100 ans). La nutrition est essentiel pour répondre à ces attentes et essayer d’éviter les maladies (cancer, obésité …). Aussi, ne devons-nous plus manger n’importe quoi. Le fait-à-la-maison garantit la qualité (et la « délicieuseté » en principe !) : pas de composant inavouable (huile hydrogénée …).

Enfin, en ces périodes de crise où l’avenir est incertain, rien n’est plus réjouissant pour se réchauffer le cœur et l’esprit, que de partager entre nous, famille, amis, le festin préparé.Le repas gastronomique Français doit être préservé, il réunit les meilleures choses pour soigner nos maux contemporains, la reconnaissance de l’Unesco aidera à cette sauvegarde.

Voici la définition de l’Unesco – Le repas gastronomique des FrançaisLe repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles. Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ». Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table). Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux.

Leave a Comment

Filed under Régal de la presse